Le Lys Noir

1785-1795 le grand bouleversement !
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Vous qui me comprenez si bien...

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Iole d'Andrésy
D'ombres est la Lumière



Age : 23
Inscrit le : 18 Juin 2007
Messages : 32
Classe sociale / Titre : Baronne
Profession : Espionne

MessageSujet: Vous qui me comprenez si bien...   Ven 15 Fév - 1:45

-Votre Majesté, me comble d'honneurs de se trouver en ma compagnie le jour de mes noces.

Le visage de Louis XVI s'éclaira d'un sourire aimable, comme jamais l'un de ses prédécesseurs n'avait su le dessiner aussi bien que lui. Ses ancêtres dévoraient l'homme pour le Roi. Louis XVI dévorait le Roi pour rester l'homme.

-Douce Iole, je tenais à vous présenter en personne tous mes voeux de bonheur pour l'existence qui s'offre à vous. Votre dévouement à mon égard n'est guère oublié. D'ailleurs je vous prie d'accepter ceci...

Le Roi sortit un écrin volumineux de son manteau et le lui tendit. La jeune fille, intriguée, accepta cependant avec réserve. Elle décacheta la boucle d'or, et découvrit le plus beau diadème en or et perles qui lui eût été donné de voir. Bien que léger et point du tout extravagant, il ne faisait aucun doute que ce joyau constituait une pièce unique et rare.

-Sire! Qu'est ce donc? Je ne puis...

Avant même que la future mariée lui eût rendu l'écrin, le Roi prit le joyau et le posa délicatement sur la tête d'Iole.

-Mademoiselle d'Andrésy, les moults périls que vous combatîtes au service de mon trône sans la moindre rétribution, valent en ce jour privilégié que vous portiez la récompense que vous méritez. Ce diadème, n'a point fait du tort aux caisses de l'Etat, il est dans ma famille depuis des générations...Mon ancêtre Clovis le tenait des Romains, et eux même des Grecs. Croyez moi il ne peut être porté que par vous. Aucune Reine depuis Clotilde ne l'a revêtu.

-Mais Votre Majesté, je ne suis point Reine.

Louis XVI lui fit signe de prendre place sur l'un des fauteuils brodés de velours bleu.

-Certes, mais vous représentez une amie, une particulière et chère amie. Vous qui me comprenez si bien...Hormis ma soeur Elisabeth je ne connais nul autre...

Iole baissa un regard assez triste, pour une raison qui parut mystérieuse au Roi.

-Votre Majesté est bien bonne, mais...

-Mais?

-Ce jour qu'elle dépeint si exceptionnel, ne l'est peut-être pas tant.

-N'aimez vous donc point votre promis?

-Je l'aime...enfin peut-être...pourtant ceci me fait peur.

-Pourquoi?

-Ceci se révèle inexplicable. Sans doute la faute doit en revenir à mes défauts si nombreux.

-Comment? Vous en possédez donc?

La jeune fille poussa un long soupir.

-Que Votre Majesté s'en persuade bien...Seulement j'aimerais parfois, que l'on gratte la terre pour voir au delà...

-Mademoiselle d'Andrésy, je me tiens à votre disposition si le poids se trouve trop lourd à porter. Je répondrai présent, et tenterai de vous aider au mieux. Mais je dois vous quitter, les charges de l'Etat me réclament. A tantôt, douce Iole.

Il la salua, elle s'inclina en une profonde révérence, la jeune fille le suivit du regard jusqu'à qu'il disparaisse, se tourna vers son miroir, claqua des doigts.

-Allons que l'on se presse à ma toilette!

Il demeurait beaucoup de terre à gratter...
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