 Le Lys Noir 1785-1795 le grand bouleversement ! |
| | Un mariage bien peu ordinaire | |
| | | Auteur | Message |
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Iole d'Andrésy D'ombres est la Lumière

Age : 22 Inscrit le : 18 Juin 2007 Messages : 32 Classe sociale / Titre : Baronne Profession : Espionne
| Sujet: Un mariage bien peu ordinaire Sam 17 Mai - 16:20 | |
| La future épousée descendit à nouveau les majestueuses marches de marbre, mais cette fois-ci au bras de son père. Sa toilette à palmier était des plus raffinées, sa teinte nacrée au ton écru offrait à celle-ci la touche originale qui plaisait tant à Iole. Une longue traîne glissait avec grâce sur le sol, ainsi que son voile de dentelles retenu par le présent de Louis XVI, le fameux diadème Grec. Ses cheveux légèrement frisés pour l’occasion retombaient avec élégance sur ses épaules quelque peu dénudées. En somme, la tenue, la mariée, son père, tout était parfait. Du moins en apparence…
En effet, Xavier de Rougemont manquait à l’entrée de la chapelle royale. Peut-être se trouvait-il à l’intérieur ? Hélas non ! On décida alors d’attendre quelques minutes, la jeune femme demeura debout près de l’autel, le regard fixé sur le seuil de la Maison de Dieu. Elle pensait… Elle espérait pour sa liberté et son indépendance que son promis ne se montrât pas. Cependant, une crainte venait l’assaillir, s’il ne le faisait pas, qu’allait-il arriver au marquis ? La mort très certainement, du moins une provocation en duel ! Un scandale de la sorte, le fier Vicomte d’Andrésy ne le tolérerait pas.
D’ailleurs, ce dernier déambulait déjà fort nerveusement près de sa fille. Il fulminait et commençait à enrager intérieurement. Iole connaissait cette attitude, qui ne laissait rien présager de bon. 10 minutes… Puis un quart d’heure… Les invités murmuraient, les témoins haussaient les épaules en signe d’incompréhension, le prêtre redoutant le pire demeurait la main frénétiquement posée sur la Bible. Une demie heure …
Le père de la promise ressentit les coups de l’horloge, comme une trahison et un outrage. Il sortit de la Chapelle, le rouge au visage, la main sur la garde de l’épée. Comment réagir ? Iole laissée seule au devant de l’autel, confuse et abasourdie se posait cette délicate question. Elle s’agenouilla sur le Prie Dieu et murmura au jésuite de commencer la cérémonie. Celui-ci se mit alors à entonner des psaumes afin de sans doute gagner du temps. Puis ce fut le moment d’un sermon interminable, et à nouveau des Alleuiah où se mêlait la grandiose orgue. Vingt minutes encore passèrent. Que faisait le Marquis de Rougemont ? Pourtant après leur conversation, Iole avait cru comprendre qu’il ne s’opposait guère à cette union. Pourquoi ce changement d’avis radical ? Lui était-il arrivé quelque chose ? Mais que peut-il subvenir en une heure de temps ? Non ! Sa décision semblait prise, il ne viendrait plus …
- Mes bien chers frères, nous sommes réunis aujourd’hui, pour unir cet homme et cette femme par les liens sacrés du mariage…
Le prêtre ne pouvait plus, en effet, repousser le sacrement.
- Iole, Isabelle Baronne d’Andrésy, acceptez vous de prendre pour époux devant Dieu ici présent et devant les hommes Xavier, Philippe, Pierre Marquis de Rougemont ? Acceptez vous de lui obéir en tout et pour toujours, de le chérir et de l’honorer jusqu’à ce que le mort vous sépare ?
En un souffle terriblement court, Iole ferma les yeux et répondit :
- Oui ! Je le veux !
Le cœur lourd de cette affirmation qui engageait toute une partie de sa vie sans qu’elle le souhaitât vraiment, elle se concentra sur l’autre interrogation où personne ne pourrait visiblement répondre.
- Xavier, Philippe, Pierre Marquis de Rougemont, acceptez vous de prendre pour épouse devant Dieu ici présent, et devant les hommes Iole, Isabelle Baronne d’Andrésy ? Acceptez vous de la chérir et de l’honorer jusqu’à ce que la mort vous sépare ?
Un silence glacial et prévisible s’en suivit. Les murmures de l’assemblée reprirent de plus belle. Le vicaire de Dieu, ne sachant que faire pour combler ce vide, répéta la question une fois encore. Le néant parla à nouveau. Enfin, il la posa une ultime fois, si à cette dernière manifestation rien ne s'entendait, tout serait consommé. Mais cette fois-ci …
- NON !
Une voix grave d’homme venait de retentir dans le chœur de l’Eglise et chaque invité se retournait pour apercevoir celui qui venait de parler. Iole héberluée en fit autant. Un homme d’environ 35 ans alors entra, fit claquer à chaque pas ses hautes bottes, s’approcha de l’autel, prit la main de la jeune femme et déclara fermement :
- Le Marquis est mort ! Il y a de cela une heure, il m'a insulté et provoqué en duel, fidèle aux lois de Sa Majesté, je n'ai point ramassé son gant, mais il s'est rué sur moi et m'a blessé au bras! Voyez!
L'inconnu enleva sa livrée blanche aux fils d'or et montra sa plaie saignante sous un pansement de fortune. Néanmoins, personne ne semblait comprendre un détail, aucune coupure n'apparaissait sur le vêtement. Avait-il changé d'habits? Dans ce cas, pourquoi?
- Je dus alors le tuer!
La Baronne d’Andrésy stupéfaite, crut se sentir mal. Le jour de son mariage, son fiancé était mort ! Elle vacilla du Prie Dieu, mais cet homme vint la soutenir et persista dans ses déclarations.
- Avant de mourir, Monsieur de Rougemont me suppliât pour la sauvegarde de son honneur... de prendre pour femme Mademoiselle d’Andrésy. Je vous serai donc gré de procéder à la cérémonie mon Père.
- Monsieur de Vézins...Je ne puis...
Un éclair passa dans les yeux de l'individu et le Jésuite baissa les siens redoutant ces foudres.
- J'ai là une preuve de ce que j'avance, avant de périr, le Marquis m'a écrit ceci sur un parchemin. Lisez!
Etait écrit de sang les mots suivants : " Coupable... pardon...épousez Iole"
-Fort bien Monseigneur.
- Mais...Je ...
Iole pétrifiée de la tête aux pieds, voulait se défendre, elle qui ne connaissait pas d'un regard cet homme... hélas aucune parole ne pouvait plus sortir de sa bouche … _________________
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|  | | Xavier de Rougemont Dragon de la Reine

Inscrit le : 03 Juin 2007 Messages : 86 Classe sociale / Titre : Marquis
| Sujet: Re: Un mariage bien peu ordinaire Mer 21 Mai - 10:48 | |
| La douleur était vive, mais un rigoureux entraînement militaire permettait d’en atténuer largement le ressenti. Ce sont les coups frénétiques et répétés dans la lourde porte de l’appartement qui sortirent Xavier de son inconscience. Reconnaissant la voix du père de sa fiancée, qui malgré la colère exprimée était pour Xavier la fin d’un calvaire, il lui dit d’une voix faible d’enfoncer la porte. Le vieil homme reconnaissant la détresse dans les mots de son futur gendre s’exécuta et après quelques coups d’épaule bien placés, les gonds cédèrent.
Le spectacle pouvait être surprenant car Xavier était ligoté sur une chaise, la tempe maculée de sang séché et son bel habit de cérémonie avait pris une forte teinte rougeâtre au niveau de son flanc. Le récit qui suivit permis à l’homme qui fut auparavant enragé de mieux comprendre la gravité de la situation.
Le sire de Vézins avait pour des raisons personnelles attendu en cachette le retour du marquis de Rougemont afin de le surprendre dans son appartement et de lui asséner un grand coup de garde d’épée à la tempe ce qui mit directement Xavier au sol. L’homme sans scrupules l’attacha ensuite sur une chaise et le maintenait éveillé afin de lui expliquer la raison de son geste. Enfin, afin d’en finir, il enfonça sa lame dans le ventre de Xavier pensant le tuer. Mort que simula très bien le marquis afin d’espérer se sortir de cette situation. En effet la lame est passée dans le flanc ne touchant aucun organe ce qui n’impliquait pas une grave blessure, mais le saignement abondant pouvait faire croire le contraire.
Une fois détaché, Xavier essaya de se lever avec précaution et se rendit compte qu’il pouvait fort bien marcher. Il évalua ses forces et consentit à partir sur le champ dans la chapelle toujours accompagné du père de Iole.
Sans prendre le temps de se changer, mais en reprenant son épée, Xavier arriva alors dans la chapelle où la stupéfaction était toujours de mise.
L’instant était dramatique et chaque secondes qui passaient ne faisaient qu’augmenter cette sensation de gène qui se faisait ressentir auprès de toute l’assemblée. Quel coup de théâtre, personne ici n’avait pu s’attendre à ce qui venait de se passer mais ce n’était pas encore fini car alors que le sire de Vézins s’approchait de la belle Iole si confuse afin de lui prendre la main, la double porte de la chapelle s’ouvrit laissant entrer une forte clarté éblouissante d’où apparu deux ombres qui de dessinaient peu à peu. Puis avant même que l’on distingue pleinement les nouveaux arrivants, une voix forte et puissante se fit entendre.
-« Bien mal acquis ne profite jamais », vous auriez dû y penser avant de vous en prendre à ma personne et encore plus à ma fiancée ! _________________
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|  | | Iole d'Andrésy D'ombres est la Lumière

Age : 22 Inscrit le : 18 Juin 2007 Messages : 32 Classe sociale / Titre : Baronne Profession : Espionne
| Sujet: Re: Un mariage bien peu ordinaire Mer 21 Mai - 21:51 | |
| Il s’agissait tout simplement d’un cauchemar. Non content d’avoir tué son fiancé, cet homme prétendait avoir des droits sur elle et traumatisant ce pauvre jésuite, il allait devenir son époux. Mais elle s’opposerait à cette union de mascarade, à condition bien sûr qu’un son puisse sortir enfin de sa bouche. En effet, Iole se trouvait tellement abasourdie qu’elle en demeurait muette dans les bras de cet étranger, qui la serrait avec une poigne d’acier.
Que faisait donc son père ? Parti sans doute à la recherche de Xavier de Rougemont. Une inquiétude vive gagna la jeune femme, le baron d’Andrésy n’était guère âgé mais son cœur depuis quelques temps présentait des faiblesses. Et apercevoir son futur gendre gissant dans son sang, n'allait pas l'épargner. Elle n’était point versée dans la sensibilité, mais son père …
A ce point élevé d’anxiété et de pression, Iole vit parmi les tâches blanches qui se dessinaient devant ses yeux, les sourires vicieux des uns, les rumeurs des autres … Personne, personne pour l’aider. Devrait-elle encore une fois s’en remettre qu’à elle seule ? Toujours seule pour lutter, pour survivre ? Certes son statut d’espionne du Roi traçait sa vie dans ce sens, mais aujourd’hui elle n’était pas espionne, c’était une femme. Ce mariage non désiré à ses fondements devenait à présent catastrophique.
-Olivier de Vézins, acceptez vous de prendre devant Dieu … et devant les hommes Iole, Isabelle d’Andrésy, acceptez vous de la chérir … et de l’honorer jusqu’à ce que la mort vous sépare ?
Le pauvre religieux déglutissait de peur à chaque seconde ou presque. Quel pouvoir possédait donc ce Duc pour ainsi effrayer autour de lui d’un unique regard ?
- Iole, Isabelle …
Le prêtre n’eut pas le temps d’achever, une autre voix masculine venait de claquer une nouvelle fois à son dos. Elle se retourna et ce qu’elle vit la laissa bouche bée. Le marquis de Rougemont venait de ressusciter sous ses yeux et s’approchait vers eux en colère.
-Tu n'es pas mort misérable! Il va falloir que j'achève cette besogne!
Iole ne comprenait que trop le guet-apens désormais évident, qu'avait subi son fiancé. Après le mutisme et l’anxiété, c’était trop de coup de théâtre en si peu de minutes. Elle ne put le supporter davantage et le malaise devint inévitable. Elle tomba évanouie. _________________
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|  | | Xavier de Rougemont Dragon de la Reine

Inscrit le : 03 Juin 2007 Messages : 86 Classe sociale / Titre : Marquis
| Sujet: Re: Un mariage bien peu ordinaire Jeu 22 Mai - 11:57 | |
| Le Marquis de Rougemont accompagné du père de Iole arriva aux côtés de cette dernière juste au moment où elle perdit connaissance avec une grâce et une féminité exemplaire. Xavier la soutint avec délicatesse profitant que son interlocuteur venait de la lâcher et pris soin de l’asseoir sur un fauteuil confortable où très vite la jeune Sophie s’occupa de sa maîtresse.
-Me tuer et me laisser pour mort sont deux choses bien différentes et il aurait mieux valu pour vous que vous ayez réussit la première solution.
Le marquis de Rougemont portait ses habits de cérémonie, ceux-ci forts élégants mais maculés de sang, sa chemise était fort rouge sur son flanc gauche. Légèrement vacillant, mais gardant une fière allure, engaillardi d’apporter justice il semblait comme avoir une aura d’invincibilité. A ses côtés le père de Iole était passé de l’énervement, à la stupéfaction, à la colère et avait bien changé d’attitude envers le marquis, il était à ses côtés et foudroyait du regard monsieur de Vézins.
Xavier ne semblait pas du tout impressionné et devant l’assemblée préféra relater les faits.
-Le sieur de Vézins ici présent était élève officier en ma compagnie lors de nos classes. Il n’a jamais aimé que je sois plus brillant que lui et que ce soit encore moi qui fus choisi pour aller aux Amériques. Enfin sa jalousie était à son comble lorsqu’il vit pour la première fois ma fiancée et se jura de me faire payer ma réussite. -Il attendit alors le jour de mes fiançailles pour me tendre une embuscade dans ma chambre où m’ayant porté un violent coup à la tête il m’assomma, ensuite il m’attacha afin de bien m’expliquer en détail ses griefs à mon encontre et enfonça vivement sa lame dans mon flanc. Il pensa m’avoir tué sur le coup tant j’ai su feindre la réception d’un coup fatal, mais fort heureusement ma blessure n’est que superficielle et elle est plus impressionnante que dangereuse.
Le silence s’instaura quelques secondes, temps qui fut propice à la réflexion des personnes présentes qui comprenaient mieux la « fausse » blessure au bras du sire de Vézins ayant pu avoir accès à beaucoup de sang du marquis ainsi que les mots écrits en lettres de sang.
-Rendez vous à l’évidence, vous avez échoué et de surcroit vous avez perturbé l’instant qui se doit d’être le plus heureux dans celui de la vie de ma fiancée et de la mienne. Vous serez puni et condamné, je vous demande de m’accompagner dehors et de vous remettre aux gardes.
Piqué au vif, le fautif réprima vivement.
-Ça jamais ! Et j’en appelle au droit d’asile
Le Jésuite ne put que confirmer que ce recours était valable.
Xavier repris alors.
-Soit comme vous voudrez, mais sachez que je vous attendrais le temps qu’il faudra pour que justice soit faite. Mais pour l’heure qu’il quitte la chapelle, mon père, nous avons un mariage à célébrer.
Xavier mit la main sur son flanc, il souffrait tout de même mais essaya de conserver ses forces pour profiter au mieux de la suite des évènements. Il offrit un tendre sourire à Iole et l’enjoignit de le rejoindre près de l’Autel. _________________
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|  | | Iole d'Andrésy D'ombres est la Lumière

Age : 22 Inscrit le : 18 Juin 2007 Messages : 32 Classe sociale / Titre : Baronne Profession : Espionne
| Sujet: Re: Un mariage bien peu ordinaire Sam 24 Mai - 13:44 | |
| Evanouie, Iole n’entendit rien des paroles échangées entre Messieurs de Rougemont et De Vézins. Si bien qu’une fois éveillée, elle demeurait dans une torpeur étrange, elle ne savait rien des circonstances de ce drame, qui avait raison ou tort ? Elle sentit uniquement le vent prodigué par l’éventail que tenait Sophie. Lorsqu’elle ouvrit les yeux, le Marquis lui tendit la main. Comment ? Se marier ? Dans ces conditions ? Quel enfer décidemment ! En outre, que faisait encore cet homme en ce saint lieu ? La baronne d’Andrésy se leva avec précipitation et dignité du banc, sans accepter la main de son fiancé. Jamais elle n’épouserait quelqu’un dans ses conditions ! Demain, elle serait la risée de toute la Cour, elle fit signe à Sophie de la suivre et entreprit de quitter la chapelle.
Le Duc de Vézins, fit un pas vers elle puis un autre, elle comprit avant tout le monde qu’il désirait la rattraper. La jeune femme se mit alors à courir avec frénésie vers la sortie du presbytère, qui donnait lui-même sur l’extérieur et donc sur les soldats de Sa Majesté. Tout ceci elle l’ignorait, et donc dans le plus grand des hasards, elle mit un terme à ce cauchemar et permit que l’agresseur tomba dans les griffes de la Bastille. Pour avoir offensé Versailles, il ne méritait que ce châtiment. Il y fut conduit sur le champ tandis qu’un dernier regard dans sa direction indiquait que sans doute ils se retrouveraient, et que cette fois-ci sa vengeance ne lui échapperait point.
Iole le vit s’éloigner et prit la décision d’aller s’aérer l’esprit de tout cela, avant toute cérémonie. Elle adressa ainsi ce message à sa suivante.
- Sophie, cours dire à mon père et à mon fiancé que je les prie de bien vouloir m’excuser un moment. Toute cette affaire me donne encore le frisson. J’ai besoin de quelque peu d’air. Que Monsieur de Rougemont prenne de ce temps pour que l’on panse sa blessure et qu’il change d’habits. Je ne saurai voir du sang le jour de mes épousailles. Cela porte malheur, et je crois qu’il nous a frappé suffisamment aujourd’hui. Vas donc. Je désire être seule.
La jeune femme conduit ses pas vers les jardins et s’assit pour mieux sentir la brise légère. Dernière de son célibat. Seule avec elle-même, elle put s’adonner à ses pensées et bientôt la femme laissa place à la froide espionne qui reprit en assurance et en force. Il lui en fallait pour supporter un mariage non désiré et après de tels bouleversements. Une bonne heure passa ainsi, où chaque minute renforçait sa nature déterminée. Elle inspira enfin profondément et reprit le chemin de la chapelle royale. Son père déambulait encore d'inquiétude et lui ouvrit ses bras.
- Ma fille, te voilà donc ! J’eus si peur pour toi ! Le marquis se change et va bientôt arriver. Ma chérie, veux tu de cette union ? Tu semblais si … obligée tout à l’heure.
Que répondre à un père anxieux? Iole lui prit tendrement la main.
- Ne vous souciez point de moi, cher papa. Vous ne pouviez pas faire un meilleur choix, ce serait vous mentir et vous tromper que de vous assurer que ceci est de mon côté un mariage uni par les sentiments. L’amour est bien peu de chose à Versailles. Cependant j’ose penser que le couple que vous avez forgé, demeurera longtemps en bons termes. J’ai soumis mes conditions à Monsieur de Rougemont. S’il décidât de se présenter tout de même, c’est bien qu’il les accepte… Mais le voilà qui revient, allons père, conduisez moi à l’autel, vous ne me perdez pas et ne me perdrez jamais.
Le marquis déjà dans la chapelle royale, attendait sa fiancée qui marcha gracieusement auprès de son père et se plaça bientôt sur le Prie Dieu à ses côtés. Un autre jésuite présidait la cérémonie, sans doute l’autre s’était trop senti mal pour poursuivre. Après d’autres psaumes et un sermon, vint à nouveau le sacrement où l’on demanda à chacun s’il désirait l’autre pour moitié. Iole répondit d’un trait.
- Ne l’ai-je pas déjà dit ?
Son père toussa discrètement pour lui faire comprendre, que ceci n’était pas une apostrophe très adéquate.
- Oui je le veux.
Le marquis répondit de même, ils échangèrent alors leur alliance et leurs voeux puis ils attendirent main dans la main le sacrement suprême du prêtre.
- Je vous déclare à présent mari et femme, que Dieu vous bénisse mes enfants !
Xavier de Rougemont ne voulait plus quitter son sourire et surtout sa main, mais il fallait bien que l’on laisse place à d’autres fiancés, vu le retard pris par leur propre cérémonie. La nouvelle Marquise de Rougemont se leva, inclina la tête à l’attention de son époux.
- A tout à l’heure Monsieur. Je vous souhaite une bonne journée et un prompt rétablissement. Je me tiens à votre entière disposition pour un quelconque soutien à ce sujet, que je serai heureuse de vous prodiguer.
Sur cette phrase, sa traîne tenue par Sophie, ils se séparèrent bientôt à la sortie de la Chapelle. _________________
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